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Dans le décor du roman culte Mal'Concilio

I gjithë apartamenti ku hosti është Jean-Claude
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A Carchetu, en Castagniccia, ce gîte se trouve dans une maison tour du XIIIe, donnant sur un grand jardin où se côtoient tilleul, hou, sapins, oliviers et peupliers. Ce jardin se prolonge par une piscine à débordement et un jacuzzi (sans supplément) surplombant une vallée couverte de châtaigniers géants. Barbecue, tables et sièges pour prendre ses repas. Randonnées et monuments historiques à proximité. Cascade, toute proche. Location à la semaine de samedi en samedi (arrangement possible).

Ambienti
Ces lieux sont le décor du roman de l’écrivain et conteur Jean-Claude Rogliano, MAL'CONCILIO. Pour avoir relevé les ruines de ce hameau médiéval fortifié, à l'issue du concours organisé par FRANCE 2 et FRANCE 3, le vote des téléspectateurs téléspectateurs lui a fait obtenir le PRIX "J'AIME MON PATRIMOINE"
De nombreux reportages télé français et étrangers permettent de découvrir la magie de ces lieux :
FRANCE 3 :
Les Tours de Tèvola - Reportage au cœur d'une montagne magique (1ère partie)
Les Tours de Tèvola - Reportage au cœur d'une montagne magique (2ème partie)
TMC :
L’écrivain bâtisseur
TF1 :
Gîte en montagne corse
B B C :
Hairy Bikers Med Carchetu
FRANCE 3 – TF 1 :
Mal'Concilio - interview de Patrick Roubaud
ACT :
Rencontre avec Jean-Claude Rogliano

Gjëra të tjera që vlejnë të përmenden
Supplément : location draps 7 euros. Location serviette : 5 euros.
Frais de ménage fin de séjour : 30 euros.

Numri i licensës
Aucun
A Carchetu, en Castagniccia, ce gîte se trouve dans une maison tour du XIIIe, donnant sur un grand jardin où se côtoient tilleul, hou, sapins, oliviers et peupliers. Ce jardin se prolonge par une piscine à débordement et un jacuzzi (sans supplément) surplombant une vallée couverte de châtaigniers géants. Barbecue, tables et sièges pour prendre ses repas. Randonnées et monuments historiques à proximité. Cascade, toute proche. Location à la semaine de samedi en samedi (arrangement possible).

Ambienti
Ces lieux sont le décor du roman de l’écrivain et conteur Jean-Claude Rogliano, MAL'CONCILIO. Pour avoir relevé les ruines de ce hameau médiéval fortifié, à l'issue du concours organisé par FRANCE 2 et FRANCE 3, le vote des téléspectateurs téléspectateurs lui a fait obtenir le PRIX "J'AIME MON PATRIMOINE"
De nombreux reportages télé français et étrangers permettent de découvrir la magie de ces lieux :
FRANCE 3 :
Les Tours de Tèvola - Reportage au cœur d'une montagne magique (1ère partie)
Les Tours de Tèvola - Reportage au cœur d'une montagne magique (2ème partie)
TMC :
L’écrivain bâtisseur
TF1 :
Gîte en montagne corse
B B C :
Hairy Bikers Med Carchetu
FRAN…

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Dhoma e gjumit 1
1 krevat dopio
Hapësira të përbashkëta
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Vaskë e ngrohtë
Parkim pa pagesë në zonën përreth
Kuzhinë
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Hapësirë e përshtatshme pune për laptop
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Lavatriçe
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5,0 out of 5 stars from 4 reviews

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Saktësia
Komunikimi
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Vendndodhja

Carcheto-Brustico, Corsica, Francë

Hameau fortifié du XIIIe siècle dominant deux vallées.
Restaurants très sympathiques et bon marché dans le village et à proximité.
Petit marché de produits bios et artisanaux non loin tous les dimanches.

A Pota Marina
9.0 milje
Le Flibustier
9.3 milje
E.Leclerc Folelli
9.8 milje

Hosti është Jean-Claude

U bë anëtar në prill 2015
  • 34 recensione
  • I verifikuar
Auteur d’ouvrages ayant pour sujet la Corse, au départ, s’ils étaient lus par les insulaires, mes livres étaient inconnus hors de l’île. La chance et un concours de circonstances imprévu voulurent que le célèbre Pierre Dumayet lise le premier d’entre eux. C’est par ce livre, un roman, que tout a commencé. Un de ses principaux décors m’avait été inspiré par un hameau fortifié médiéval abandonné dont j’étais tombé amoureux à huit ans lorsque je l’avais découvert, au cours d’une escapade tout au fond de mon village où plus personne n’allait. Il se dressait là, tel que mon père me le décrivait, superbe dans sa décrépitude. Nourri des récits que le merveilleux conteur qu’il était me faisait, je peuplais ce lieu de souvenirs devenus miens par héritage. Je rêvais aussi que je relevais les ruines de ces maisons tours pour y habiter quand j’aurais une famille. Cela n’avait aucune chance de demeurer autre chose qu’un rêve quand, après avoir lu ce livre, Dumayet me demanda de le rejoindre à Paris pour lui parler de la Corse. A l’issue de cet entretien, moi qui n’avais jamais touché une caméra de ma vie, je découvrais que c’était pour devenir son coauteur pour la réalisation de quatre films d’une série TV sur la Corse et dont je choisissais les sujets. Avec l’argent que m’avaient rapporté ces tournages, j’achetais le hameau abandonné. Ce qui, tout au moins, en restait. Je ne savais pas jusqu’où allait me porter l’aventure. Ce petit village, qui est le mien, se trouve en Castagniccia, au cœur du Parc Régional de la Corse. La Castagniccia est la terre des idées neuves et des révolutions et où, de consultes en rébellions, de victoires en désastres, se côtoyaient paysans en armes et moines soldats, reîtres et héroïnes, tyrans sanguinaires et inventeurs de temps nouveaux. Effectuer l’achat des maisons tours elles aussi chargées d’histoire, c’était aller jusqu’au bout de ce rêve qui me poursuivait depuis l’enfance : celui d’y passer une partie de ma vie après en avoir relevé les ruines. Vu du dehors, l’ensemble des bâtiments forme un carré de murs infranchissables qui prolongent la roche ; des rangées de meurtrières en accentuent l’aspect redoutable. Vus de la cour intérieure, malgré leur disposition stratégique et la hauteur des maisons tours, on pense à de paisibles demeures baignées de lumière où il faisait bon vivre. Curieuse forteresse qui ne connut jamais de soldats mais des paysans dont les arcs et les frondes tenaient les soudards à distance quand ils ne les clouaient pas sous les murailles où les corbeaux s’en repaissaient. Curieuses bâtisses dont l’aspect extérieur évoque des ombres qui rampent vers elles et des déluges de flèches, mais où, sitôt franchie l’entrée, on se prend à rêver ce décor habité par ces hommes et ces femmes dont mon père peuplait ses récits. Le plus lointain des occupants de ces lieux était une femme que mon père faisait surgir d’un passé nébuleux. Le peu que l’on sait d’elle ne permet pas de séparer l’histoire de la légende. On l’appelait « à Cuntessa Tèvola ». Aussi belle qu'on la décrivait, on ne lui connaissait pas d'homme. Maniant le stylet aussi aisément qu'elle égrenait le chapelet, vêtue de bure et portant corselet d'acier, elle tenait de la nonne et du guerrier. Elle levait l’impôt, rendait la justice, guerroyait à l'occasion. A ces souvenirs clandestins se mêlaient ceux des semaines pendant lesquelles j’avais retrouvé le village pour les vacances : une enfilade de maisons grises incrustées dans la montagne, cernées par la houle des châtaigniers ; un rire de jeune fille échappé d’une fenêtre ; sur une enclume, le tintement régulier d'un marteau tronçonne des stridences de martinets ; un four à pain exhale les senteurs du feu de bruyère qu’une femmes en noir a allumé ; un âne passe près de moi avec sa tête qui émerge du chargement de piquets qui lui font un caparaçon d'écorce ; avec des galopins de mon âge, je longe la rigole d'arrosage pour, du bout d'un bâton, corriger la dérive de la douzaine de boîtes de sardines qui composent notre flottille de guerre… Des souvenirs qui parfois, aujourd’hui encore, fondent sur moi à aile raccourcie. Ce retour au village avait lieu dès la fin des derniers cours. Nous quittions Bastia en fin d'après-midi, dans un antique autocar couleur vieil ivoire où s'entassaient les premiers vacanciers. Plus qu'un départ en vacances, ce voyage constituait le prélude de retrouvailles avec ce monde tellement à l’écart, tellement différent de la ville et du reste de l’île ! Tout au long du trimestre scolaire, je le rêvais comme on rêve d’un pays imaginaire. Il paraît déjà si peu réel avec, comme écloses du roc, ses maisons à vertige s’étirant sur un éperon de la montagne et ces arbres cyclopéens qui partagent le ciel avec des nuées de corbeaux et les nuages. Un singulier destin unissait depuis des temps immémoriaux ces châtaigniers aux hommes de cette contrée. Connaître ce destin le faisait lui aussi, déteindre sur ce paysage pour en faire devenir le décor d’une sorte de conte : en des temps impitoyables pour les faibles, des hommes patients avaient planté des baliveaux fragiles qu’ils greffaient, arrosaient, entouraient de soins vigilants ; les années passaient, les hommes moururent, remplacés par d’autres, puis d’autres encore ; les arbres, eux, étaient devenus des géants, et c’étaient eux, désormais qui protégeaient les hommes car la nourriture qu’ils tiraient de leurs fruits les préservaient de la faim et leur bois leur permettait de construire des maisons fortes à l’épreuve des assauts. Un peu d’autrefois flotte à travers le paysage. Suspendu au-dessus de notre village et dominant les autres villages qui chevauchent les crêtes, comme en équilibre sur sa falaise, aérien, intemporel, le hameau de Campidoniu n’a pas changé depuis que ses habitants défiaient Grande Peste et invasions sarrasines ; à un quart d’heure au sud de Carchetu, on peut visiter le couvent d’Alisgiani où un baron Allemand, Théodore de Neuhoff, était élu roi de Corse… au temps des monarchies de droit divin et, tout aventurier et aussi éphémère que fut son règne, sitôt couronné, se révélait être un des souverains les plus éclairés de son temps ; au bout d’une route dont la traversée, à longer les à-pic au-dessus des vallées prend des airs de survol, à Morosaglia, transformée en musée, se trouve la maison de Pascal Paoli où l’on peut suivre le parcours de cet homme qui dota l’île de la première constitution démocratique moderne, celle qui servit de modèle à la constitution des Etats Unis d’Amérique. Comment, aussi, ne pas avoir envie de faire à la fois connaître ces gens et ces événements hors du commun et leur territoire qu’est cette contrée hors du temps, belle à vous couper le souffle ! Entre le jour où, enfant, je les avais découverts et celui où je les avais achetés, ces restes de maisons tours avait subi l’agression des années qui gerçaient de fissures les façades des maisons abandonnées, écaillaient les toitures de leurs lauzes. Puis les portes et les fenêtres avaient cessé de résister aux coups de tête des bourrasques, les toits de supporter le galop des tempêtes. A présent, je possédais un splendide ensemble… de murs dentelés. Par moments, il arrivait que, soulevant un nuage de poussière, un haut pan de façade ou quelque reste de toit s’effondre en grondant. C’était pour moi bien plus que des murs qui s’écroulaient. Ces lieux emplissaient ma mémoire des multiples vies qui avaient précédé les nôtres. Ils étaient le dernier repère et le dernier refuge de notre passé. Leur destin était toujours uni à celui des hommes et des arbres qui peuplent cette montagne. Le village se dépeuplait, des châtaigniers mouraient et je mesurais combien ce qui disparaissait faisait partie de moi et ce qui de moi disparaîtrait avec eux. Bientôt, mes souvenirs n’existeraient plus qu’ensevelis sous des décombres ou au fond de ma mémoire. Plus que jamais prenait corps cette idée qui bousculait les fantômes apprivoisés que ma nostalgie tenait en laisse : si on empêchait ces restes de murs de s’écrouler et si on relevait les autres, serait-il possible de sauver plus que des souvenirs ? Tandis que défilaient dans ma tête des scènes qui se déroulaient entre ces bâtisses telles que mon père les racontait, j’éprouvais de plus en plus de mal à tenir à l’écart cette idée que toute personne raisonnable aurait considéré comme irréalisable : pourrait-il se trouver assez de monde, ne serait-ce que quelques mois dans l’année pour que ce décor puisse vraiment devenir un lieu où la vie reviendrait ? Imaginer parvenir à faire notre maison de la bâtisse située en face de la chapelle, déjà, était du domaine de l’utopie. Autrefois la plus belle avec ses façades à décrochements et le passage voûté qui la traverse et paraît s’enfoncer dans le sol, elle n’est plus qu’une dentelle de murs déchiquetés. Alors que l’argent des films était loin de suffire pour en relever les murs, aussi folle fut-elle, mon idée continuait de faire son chemin. Ce n’est plus seulement à la maison où je souhaitais habiter que je songeais, mais au hameau médiéval tout entier. Si, lui aussi, redevenait habitable, il abriterait une douzaine de familles. A en croire tous ceux dissertant sur le devenir de la Castagniccia et disant qu’il y a peu de choses à tenter pour en arrêter le déclin, il était plus que hasardeux d’entreprendre la reconstruction de ces maisons tours. Mais si quelqu’un était assez fou pour relever le défi… Et si, surmontant tous les obstacles, il parvenait à les remettre debout et parvenait, ne serait-ce que deux mois dans l’année, à permettre un séjour à ceux qui voudraient découvrir cette région… Ce séjour estival d’une douzaine de familles constituerait une manne économique pour ceux qui, artisans, castanéiculteurs, restaurateurs, commerçants, s’obstinent à travailler dans les environs… Et peu à peu, évitant de trop penser que je m’apprêtais à me livrer à un coup de poker particulièrement risqué, j’étais en train de me rendre compte que je me donnais les arguments pour me convaincre de me lancer dans une aventure extravagante. C’est ainsi que, quelques jours après l’acquisition de ces ruines, je me surprenais en train de relever mes manches. A considérer la somme que représentaient les travaux à entreprendre si je ne m’y livrais moi-même, je n’avais d’ailleurs pas d’autre choix. Nous étions au début de 1990, et trois longues années devaient s’écouler avant qu’en juin 1993, ces ruines deviennent les gîtes des Tours de Tèvola. Il fallait débarrasser les maisons tours de tous les décombres amoncelés entre leurs flancs, éparpillés autour d’elle ou suspendus à son sommet : tonnes de pierres et de gravats par-dessus lesquels s’étirent des sureaux, débris de planchers et de poutres que, juché sur des échafaudages de fortune, moins bâtisseur que funambule, il me fallait déchausser de la cime des murs. Entre la forteresse et moi prenaient fin toutes relations platoniques. Je devais la conquérir de haute lutte, sans espérer qu’elle ne m’épargne aucune épreuve. Que ça soit en tant que membre fondateur du groupe Canta ù Populu Corsu, conférencier, auteur de films TV ou de livres, d’une pièce de théâtre tirée de l’un d’entre eux et, depuis quelques mois, écrivant le scénario d’une série d’albums de BD, avec pour sujet l’histoire de la Corse, cette île est le dénominateur commun de toutes ces activités et de tous mes projets… Et quelque part, la réalisation de ces gîtes en est le prolongement. Il est incontestable que cette Castagniccia et ce village auxquels j’appartiens sont le déclencheur de ces activités qui se sont muées en passions. J’ai commencé très jeune à vouloir « écrire » ce décor où, depuis des temps immémoriaux, les hommes et les châtaigniers vivent les uns par les autres, où la forêt semblait enfanter des légendes dont ces hommes et ces femmes étaient les personnages. Ils étaient tellement singuliers ! La vieille zia Capi Calada, surnommée ainsi à cause de son nez crochu qu'une mâchoire édentée laissait rejoindre un menton en galoche, qui savait les prières magiques à faire peur aux esprits malfaisants; ziu Pacecu qui, du haut de ses cent deux ans, racontait ses guerres qui l'avaient trimbalé sur tous les coins de l'Europe et qui, depuis quarante ans, dormait avec, sous son lit, le cercueil confectionné avec les planches du châtaignier qu'il avait lui-même abattu… Certains, qui savaient à peine lire leurs noms, avec une rime et une syntaxe rigoureuse, alchimiste d'une langue écrite sur rien, improvisaient des poèmes superbes, oubliés sitôt composés. D’autres, artisans d’épopées ou politiciens de buvette à la trogne rubiconde, qui tutoyaient à la fois Bacchus et Orphée et dont la richesse d'évocation était inversement proportionnelle à leur degré de sobriété, durant des heures, se livraient à des joutes oratoires en vers sur les sujets les plus variés. Pourfendeuses d'âmes errantes, bergers de hautes nuits, charretiers ménestrels,... superbes dans la démesure de leurs tares et de leurs vertus, ils nous paraissaient éternels. Quand l'un d'eux nous quittait, sa mort était presque irréelle car il s'installait aussitôt dans la mémoire commune pour que demeurent les moments extravagants ou épiques, burlesques ou tragiques, qui avaient composé la trame de sa vie. Ces arbres qui sont plus que des arbres, ces enfilades de maisons aux toits gris qui s’étirent sur les éperons de la montagne, leurs églises aux allures de cathédrales, ces gens qui la peuplaient, se conjuguaient pour qu’on aime éperdument cette Castagniccia. Pour en être imprégné depuis toujours, ces lieux, je n’eus pas à les choisir, ce sont eux qui m’ont choisi. Je ne les habite pas, ce sont eux qui m’habitent. C’est pourquoi, sans nul doute, ces gens, ces arbres frères, et même ces ruines ont aussi envahi les pages de mon premier livre. Le châtaignier creux Mal’Concilio aux racines tentaculaires, arbre aux mille songes et aux mille peurs, la cascade qui s’abîme au fond d’un cirque de roche, le hameau de Tèvola, l’élégance austère de notre église qu’on dit être parmi les cinq plus belles de Corse… tout mon village était devenu le décor de ce roman, puis de façons diverses le point de départ d’autres créations dont celle des gîtes ruraux fait tout naturellement partie. Etroite est la frontière qui sépare l’imaginaire de la réalité des Tours de Tèvola. Pour moi, élever un mur en pierres sèches, planter un peuplier pour accentuer l’aspect vertigineux d’une architecture verticale, évoquer à travers pages les tâches, les rêves, les croyances, les divers aspects d’une communauté à laquelle j’appartiens, participe d’un même quête. Travail le plus souvent aussi dur, qu’il consiste à manier la pioche ou la plume, mais dont l’aboutissement est constellé de mille joies. A par une différence sur le plan quantitatif, qui demanda l’acquisition de quelques pratiques, il ne nous semble pas, à Danielle et à moi-même, qu’il y ait une différence entre la manière de recevoir nos amis depuis toujours et celle d’accueillir nos hôtes. Le plaisir est merveilleusement identique ! Nous ne nous sommes pas trompés et ce qui s’est produit dépasse nos espérances. La place entre les Tours est devenue un lieu d’échange et de convivialité. En été, chaque samedi après-midi, sur cette place, nous disposons les tables de jardin en enfilade avec quelques bouteilles et quelques gâteaux traditionnels. Tout autour se retrouvent les nouveaux et ceux qui, nombreux, reviennent et reviennent encore et que nous appelons « les récidivistes ». Pour ce qui est de ces derniers, le plaisir commence avec l’arrivée des voitures. C’est un peu comme, en été, lorsque les villages étaient plus peuplés qu’aujourd’hui, l’événement de la journée était l’arrivée de l’antique autocar où s'entassaient les premiers vacanciers. Il ramenait, parents ou amis, des gens qui ne vivaient plus en Corse et qui revenaient d’un ailleurs parfois si lointain qu’il en devenait mythique. Le temps d’une semaine et souvent plus, se retrouve une communauté composée parfois de familles de différents pays dont les liens avec la nôtre se resserrent d’année en année. Sitôt attablés, le charme opère très vite et déjà, des familles s’entendent pour organiser ensemble des ballades le lendemain. Certaines familles, à la fin de leur séjour, synchroniseront les dates de leurs vacances futures pour se retrouver dans ces gîtes. Nos hôtes nous parlent de leur région ou de leur pays, j’évoque l’histoire du nôtre, nos traditions, les vicissitudes et les drames traversés. Avec ce genre d’activité, ce hameau fortifié est une sorte de piège de l’amitié, un formidable raccourci pour découvrir l’autre et se découvrir dans l’Autre à travers ses différences. Tous nos hôtes repartiront avec un regard différent sur la Corse et, où que se trouve le pays où ils retournent, ils sont les ambassadeurs de notre île. La nouvelle de cette entreprise s’était vite répandue dans le canton de maisons en place de village, d’épiceries en troquets. Pour tous, c’était une tentative de revitalisation qu’un seul homme ne pouvait assumer. On en approuvait l’intention, mais avec des hochements de tête trahissant le regret qu’elle soit vouée à l’échec. Ce caractère de folie dont on entourait ce projet qui faisait l’unanimité, je le partageais moi-même : devant le gigantisme de la tâche qui rendait d’autant plus dérisoire les moyens dont je disposais, il fallait être un peu fou pour se jeter dans pareille entreprise. Trous béants guettant mes faux pas, poutres n’attendant que mon passage pour se détacher des murs, restes d’escaliers suspendus dans le vide, impatients eux aussi de céder sous mes pieds au cours d’une escalade obligée… Je m’en tirais sans trop de mal, un jour, évitant de justesse d’être happé par le soudain effondrement d’un mur, un autre jour, ne pouvant éviter le croche-pied d’un moignon de poutre qui me précipitait un étage plus bas où je me réjouissais de m’être seulement cassé un genou. Pour déraciner les sureaux et chasser le lierre, les ronces et les orties qui avaient envahi les alentours et forcé les entrées, déblayer les tonnes de terre et de gravats qui encombraient les pièces, mes amis Jean-Paul Poletti et Dumè Gallet me prêtaient main forte. Militants de Canta ù Populu Corsu dont nous étions membres fondateurs, compositeur, musicien ou chanteur, ils démontraient qu’ils possédaient autant de dextérité à manier la hache, la serpe, la pioche et la pelle pour contribuer à ramener la vie en ce lieu, que la guitare, le violon et le chant, pour redonner vie à notre culture. Après plusieurs semaines, les travaux de déblaiement étant achevés, succédait un obstacle majeur. Le chemin menant au chantier était impraticable aux camions devant acheminer des tonnes de matériaux. Cela les obligeait à les décharger sur la place de l’église. Pour les transporter jusqu’aux maisons tours, avec l’aide de Pierrot, mon ami le forgeron, j’avais dû confectionner une remorque. Je l’attelais à ma voiture et y entassais le ciment, les briques, le gravier, le sable. Comme la pente était rude, chargée comme elle était, à chaque coup de frein, c’est elle qui poussait la voiture. La voracité du chantier pour ces matériaux était telle que j’accomplissais le trajet plusieurs fois par jour, redoutant chaque fois le dérapage sur cette piste piégée de boue, de neige ou de verglas suivant les saisons et surplombant le ravin vers lequel me poussaient les sournois coups de tête de la remorque. On a « Le salaire de la peur » qu’on peut. J’apprenais au fur et à mesure des travaux, des bribes de divers métiers. Transporteur, maçon, manœuvre des artisans plombiers ou électriciens auxquels je faisais appel permis de percevoir une subvention plus importante, l’attribution de celle-ci me permettait de poursuivre le chantier en faisant appel à des artisans de façon plus constante. Dès lors, je savais que j’irais jusqu’au bout du défi. C’est ainsi que, depuis mon premier coup de pioche, trois années s’étaient écoulées avant que, vertigineuses, superbes, les maisons tours soient de nouveau debout pour défier d’autres siècles. Au début de l’été 93, elles étaient prêtes à accueillir les visiteurs désireux de découvrir la Castagniccia. Grâce à l’effet produit par les quatre films TV réalisés pour Pierre Dumayet, les éditions Belfond avaient publié Mal’Concilio. Ce roman qui, jusque-là, n’avait pour lecteurs que des insulaires, était lu dans toute la France et aussi dans quelques pays francophones. C’est alors que la destinée que cet ouvrage connaissait conduisit des journalistes de la presse écrite, radiophonique ou télévisuelle à venir jusqu’à Carchetu dont les ruines des maisons fortes, l’église, la cascade et, bien sûr, le châtaignier géant Mal’Concilio m’avaient inspiré le décor de ce livre. Cela contribuait à faire découvrir la Castagniccia qui, jusque-là, aussi superbe fût-elle, était la région la plus méconnue de Corse. De ce fait, l’année d’après et les suivantes, les hôtes des gîtes venaient de plus en plus nombreux. Le plus inattendu restait à venir. Encouragés par la métamorphose des Tours de Tèvola, les propriétaires de la maison la plus proche se mettent à la restaurer. Une autre famille en fait autant, puis une autre et une autre encore. Chacun s’applique pour que sa maison s’accorde avec le cadre qui, à partir de la restauration des maisons fortes a été recréé. Aujourd’hui, c’est le village entier qui voit se relever ses ruines. Un autre processus est en train de s’engager. Des habitants de Castagniccia, en constatant ce qui a suivi la restauration de ce qu’on appelle depuis les Tours de Tèvola, découvrent combien un certain tourisme peut être conquis par les paysages de cette région et par ceux qui l’habitent. Dans les trois cantons qui la composent, des villageois se mettent à restaurer des maisons laissées à l’abandon jusque-là, pour y loger des hôtes de l’été. D’être allé jusqu’au bout de ma folie ne fait pas mentir le proverbe : « Un scemu n’è face centu .» (Un fou en fait cent) Ces villégiatures inespérées entraînent des retombées économiques dont profitent aussi des boutiques d’artisanat, des producteurs et quelques auberges. C’est le cas, au village, du restaurant d’un jeune couple que menaçait la fermeture. Depuis la création des gîtes, désormais, il ne désemplit pas l’été et au-delà. Même si la Castagniccia n’est pas près de retrouver sa prospérité d’antan, relever des vieux murs, était sans doute la démarche la plus obscure, la plus ingrate, la plus incertaine pour aider sa terre à survivre, mais réussir c’était démontrer que toute fatalité n’est pas irréversible. Mais aussi, en même temps que je rêvais de passer une partie de ma vie en ces lieux, je ne pouvais imaginer les habiter avec ma seule famille. La vie n’y serait réellement revenue si, même le temps d’un cours séjour, d’autres ne seraient accueillis dans ces maisons tours à nouveau debout, chargée de sept siècles d’histoire, pour découvrir une autre Corse, partager avec nous quelque chose de magique. Cela s’est produit au-delà de toute espérance. Sur les marches de la chapelle qui a retrouvé son toit et son clocheton, sous le passage en voûte qui traverse notre maison, dans l’ombre du tilleul ou de l’olivier que j’ai plantés, interrompu depuis des lustres, réapparaît ce à quoi nul ne croyait plus. Pour beaucoup de gens, cet endroit est devenu un lieu de rencontre. Il arrive parfois que certaines nuits s’emplissent d’échos de veillées, dispersent un pollen de légende. En ces lieux, je voulais remplacer le bruit des rats dans le lierre par des voix qui s’interpellent, des rumeurs de fête et des rires d’enfants, faire la guerre au silence. Sur la pointe des pieds, la vie est en train de revenir, et je crois que j’ai gagné ma guerre (Website hidden by Airbnb) R
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Nuk lejohen festat ose eventet
Shëndeti dhe siguria
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